La guerre des Fortifs
Ma grand-mère habitait rue des Acacias à Paris. Ses ancêtres avaient fabriqué des carrosses royaux. Et son père perpétuait le métier, il réparait les fiacres. Il avait une habitude : tous les matins, quand il arrivait à son atelier ; il sortait des mouches mortes d’une petite boîte et les accrochait sur les toiles d’araignée. Les araignées arrivaient aussitôt, elles étaient quasiment apprivoisées.
Ma grand-mère allait à l’école publique et, à l’époque, il y avait une grosse rivalité avec l’école religieuse du quartier. Les élèves des deux camps avaient convenu de se retrouver après les cours sur les « Fortifs », entre la porte Maillot et le porte des Ternes, et de se livrer bataille régulièrement, genre « Guerre des boutons ».